Après avoir servi de joujou expérimental pour Air, Charlotte Gainsbourg a de nouveau réussi à s'entourer ; de Beck, cette fois, qui produit, compose et co-écrit les 14 titres de IRM. Charlotte, elle, chante. Ne chuchote, susurre, murmure, souffle (presque) plus. Chante. Et le changement est considérable. L'impression de n'avoir jamais entendu la vraie voix de l'actrice auparavant. Bien sûr, avec Beck, les voix sont parfois trafiquées, mais ce dernier a su capter l'aura de Charlotte à travers son infime filet de voix. C'est en effet traitée en tant qu'icône (comme actrice palmée à Cannes et progéniture du plus grand artiste musical français du siècle dernier) à la voix monocorde - comme Warhol et Reed l'on fait pour Nico - sur le titre éponyme IRM, Voyage ou Me and Jane Doe, ou récitant un texte sur La Collectionneuse, que Charlotte Gainsbourg trouve sa voie(x)... Les deux meilleurs titres de l'album sont traités pourtant différemment avec plusieurs voix qui entourent celle de Charlotte, quitte à la faire disparaitre - le très bon Heaven Can Wait - ou à l'inverse à la sublimer - le refrain de Time Of The Assassins aux faux airs de Aimee Mann. Oubliés les morceaux atmosphériques du duo versaillais de 5:55, et place à la scène indie des années 90 (on pense à Pavement et, forcément, à Beck...). Oublié le rôle de simple featuring sur un nouvel album de Air et place au vrai premier album de Charlotte Gainsbourg...
[MP3] Charlotte Gainsbourg - IRM /
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