"Avant j'achetais les sons, j'écoutais même ceux qu'j'aimais pas, Maintenant j'ai 40 Gigas d'MP3 que j'écoute même pas" (Orelsan - Changement).
Depuis quelques jours, je me suis mis à ressortir mes vieux cds, ceux de l'adolescence et à les réécouter avec le boitier entre les mains, examinant le livret, comptant les innombrables rayures les parcourant, me rendant compte que je pouvais énumérer les titres un par un dans l'ordre comme à l'époque où le nombre de mes cds se comptait par dizaines et où l'on pouvait faire le tour en un week-end...
Le temps où l'attente, l'achat, et la découverte d'un disque était mélée à une douce excitation ; une excitation palpable encore aujourd'hui en tenant ces vieux boitiers... où est-elle désormais? dernièrement, c'est difficile de la faire sortir ; derniers en date : l'écoute de Neon Bible, François Virot et Alive de Daft Punk, tous trois achetés en cd... C'est à dire, des albums précieusement gardés par leurs auteurs ou d'autres peu diffusés sur la toile...
Souvent l'excitation est anéantie par hypemachine, stereogum, pitchfork, youtube, deezer, last.fm et bittorrent... on peut tout avoir tout de suite et savoir bien avant de l'écouter si c'est adoubé par les millions de blogs indés dont je fais partie...
Pourtant, on a pas envie de revenir au système d'avant... vraiment pas... alors on fait sans...
voilà où j'en étais hier encore...
ce matin, Hype Machine, un titre de Broken Bells... Broken Bells? Google? Sterogum? Danger Mouse + James Mercer de The Shins... cool... j'écoute... et là, bizarrement, je me mets à rire tout seul devant l'ordi... comme ça... d'un coup, j'avais compris... l'excitation est toujours là, plus qu'avant même... écouter des dizaines de nouveaux morceaux de nouveaux groupes de genres nouveaux quotidiennement et parfois tomber sur une, deux, voire plus, chansons magiques qu'on a juste envie de réécouter 100 fois et d'en parler au monde entier en débutant par cette magnifique - et totalement imbue - phrase : "j'pense pas que tu connaisses ******* mais tu devrais écouter..., vraiment...".
Ce titre est The High Road, tiré de l'album éponyme Broken Bells qui ne sortira que le 9 mars 2010 (là voilà l'attente...). bien sûr, quelques titres apparaîtront ici ou là, avant la date fatidique mais on s'en fout... c'est comme ça...
Et pour parler un tant soit peu de la chanson, c'est une chanson, une vraie, une petite chanson pop indé comme on les aime et qui fait du bien... c'est tout.
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Thom Yorke - The Eraser (XXXChange Remix)

Pourquoi personne ne veut entendre la complainte de Thom Yorke? Ce dernier doit s'exiler sur un album solo pour chanter sa peine et tout le monde s'évertue à passer outre...
Pharell, Lupe Fiasco et Kanye - imma let you finish... - West avaient déjà transformé le plaintif The Eraser du premier album éponyme en hiphoptrack KidCudiesque ;
Rebelote, XXXChange, issu de Spank Rock, grâce à une petite boucle funky nous fait croire à un feat. entre le frontman de Tête de Radio et les petits génies de Hot Chip...
Restent que ces 2 titres sont bien du niveau de l'original ; et si ça peut servir à faire (re-)découvrir le ô combien splendide effort qu'est The Eraser... okay.
"i am only being nice because i want someone, something..."
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The Dead Weather - Treat Me Like Your Mother
Jack White derrière ses fûts, devant lui, au bord de la scène, Alison Mosshart, face au public, dansant, errante, comme possédée... The Dead Weather, c'est elle.
Le retrait scénique - au sens premier du terme - de White n'est pas un hasard. Celui-ci ne signe qu'un tiers des compos de l'album Horehound et rompt avec son omniprésence(-potence) dans ses précédents efforts. Il laisse, pour une fois, la vedette à son acolyte féminine; et bien lui en prit.
Il faut dire que The Dead Weather n'est pas, à l'instar des White Stripes, un groupe de blues-rock mid-tempo... The Dead Weather joue du rock'n'roll. Un rock'n'roll stoogien cher à White - pour qui Funhouse est le meilleur album de l'histoire... Et ce qui différencia viscéralement le blues du rock'n'roll, c'est ...le sexe.
Une tension sexuelle qu'ont su si bien incarner des frontmen comme Iggy ou Jagger et dont ne s'est pas encombré Jack White lors de la formation des Bandes Blanches en faisant de sa batteuse et ex-compagne... sa soeur. Alison Mosshart apporte cela. Une présence magnétique, envoûtante, de par sa voix, son corps, sa gueule... Et le mélange de leurs voix n'en fait que rajouter à cette tension ; écoutez les épeler "manipulate"... Quand on l'observe cogner ses fûts, on n'imagine pas le frère White guitariste, et encore moins performer... (comme si Dave Grohl avait été chanteur des Foo Fighters avant d'être batteur à Nirvana...) ; il sait s'effacer devant la belle, et il a raison.
The Dead Weather tient toutes les bonnes ficelles du rock'n'roll : la noirceur, la violence, la fureur, la lasciveté, la brutalité, l'énergie, les riffs, la crasseur de la prod' - quasi inexistante, le bouillonnement en live...
qu'ils ne les lâchent pas...
Tant qu'on parle de bouillonement... appréciez ce live à la Cigale enregistré par Les Inrocks avec un son en carton mais l'essentiel est là.
[MP3] The Dead Weather - Treat Me Like Your Mother / via Jonk Music