Jack White derrière ses fûts, devant lui, au bord de la scène, Alison Mosshart, face au public, dansant, errante, comme possédée... The Dead Weather, c'est elle.
Le retrait scénique - au sens premier du terme - de White n'est pas un hasard. Celui-ci ne signe qu'un tiers des compos de l'album Horehound et rompt avec son omniprésence(-potence) dans ses précédents efforts. Il laisse, pour une fois, la vedette à son acolyte féminine; et bien lui en prit.
Il faut dire que The Dead Weather n'est pas, à l'instar des White Stripes, un groupe de blues-rock mid-tempo... The Dead Weather joue du rock'n'roll. Un rock'n'roll stoogien cher à White - pour qui Funhouse est le meilleur album de l'histoire... Et ce qui différencia viscéralement le blues du rock'n'roll, c'est ...le sexe.
Une tension sexuelle qu'ont su si bien incarner des frontmen comme Iggy ou Jagger et dont ne s'est pas encombré Jack White lors de la formation des Bandes Blanches en faisant de sa batteuse et ex-compagne... sa soeur. Alison Mosshart apporte cela. Une présence magnétique, envoûtante, de par sa voix, son corps, sa gueule... Et le mélange de leurs voix n'en fait que rajouter à cette tension ; écoutez les épeler "manipulate"... Quand on l'observe cogner ses fûts, on n'imagine pas le frère White guitariste, et encore moins performer... (comme si Dave Grohl avait été chanteur des Foo Fighters avant d'être batteur à Nirvana...) ; il sait s'effacer devant la belle, et il a raison.
The Dead Weather tient toutes les bonnes ficelles du rock'n'roll : la noirceur, la violence, la fureur, la lasciveté, la brutalité, l'énergie, les riffs, la crasseur de la prod' - quasi inexistante, le bouillonnement en live...
qu'ils ne les lâchent pas...
Tant qu'on parle de bouillonement... appréciez ce live à la Cigale enregistré par Les Inrocks avec un son en carton mais l'essentiel est là.
[MP3] The Dead Weather - Treat Me Like Your Mother / via Jonk Music