Musique de Pub / Part.2
Rebelote. Pub Kenzo. Une mélodie totalement imparable. Jil Is Lucky. On entend assez que celui qui a couché ses - douces - mélodies sur le papier est né par ici... une façon de prononcer la langue shakespearienne - en dépit d'un chant et d'une voix impeccables - et des paroles assez adulescentes font de temps en temps lever un sourcil ; là où chez un groupe comme Cocoon, l'illusion est parfaite.
Mais là où JIL surprend, c'est dans l'orchestration aux arrangements sophistiqués et une utilisation de cordes qui parsèment ces compositions et nous font un peu oublier la désapprobation énoncée plus haut. Jil Is Lucky a le mérite aussi de ne sonner comme peu dans l'hexagone et de posseder assez d'influences pour ne pouvoir en nommer qu'une et finir rangé dans une de ces minuscules cases dont nous sommes friands... citons quand même Devandra Banhart, Herman Düne, Calexico ou encore Leonard Cohen.
Nonobstant, Jil Is Lucky a, comme beaucoup de premiers albums, les défauts de ces qualités : avec, tout au long de l'album éponyme, une utilisation des cordes pas toujours maitrisée, qui semble parfois comme une envie de sonner tantôt baroque, tantot slave mais toujours sophistiqué, comme si le but inavoué était juste de faire entendre des cordes... Et comme souvent dans un premier album où l'on veut tout jouer, JIL a un peu mal digéré ces - pourtant excellentes - influences et les distille à droite à gauche sans une ligne directrice majeure qui rend le tout, je me répète, un poil indigeste... (reproche que j'ai toujours adressé à Devandra Banhart).
Mais ne boudons pas notre plaisir, en reste d'excellentes Faces A, de grandes mélodies et une voix, celle de Jil Bensénior, qu'on a envie de réentendre assurément. Ajoutons à cela une maitrise instrumentale sûre, qui, jointe au côté foutraque du groupe, doit donner quelques moments de bravoure en concert...
[MP3] Jil Is Lucky - the Wanderer / en cadeau sur jilislucky.com