
Excellent article de Francis Dordor sur le site des Inrocks dont les commentaires sont tout autant appréciables. A lire dans son intégralité ici.
"Légale, illégale, en téléchargement ou en streaming, bonne ou mauvaise, la musique est désormais partout, absolument partout. Mais que reste-t-il du désir ? Le débat est ouvert.
A la fin d’un reportage consacré sur France 2 au téléchargement (Envoyé spécial du 19 novembre), on avait tous bien compris que la fameuse loi Hadopi n’allait pas servir à grand-chose. Et même, selon l’un des intervenants, qu’elle allait précipiter les internautes français empêchés dans leur braconnage vers des sites délocalisés d’où nos cliqueurs compulsifs pourraient reprendre en toute impunité une activité normale de piratage.
Sur l’écran surgit alors à la fin du reportage un acteur de cette nouvelle donne informatique. Pétillant de malice et d’espièglerie, Zach ressemble à un personnage de bande dessinée et parle comme un prophète. Il y a quelques mois, le gus a lancé un site communautaire,Wana-Mania, comptant aujourd’hui pas moins de 500000 membres. Sa plate-forme offshore permet à quiconque de gaver son disque dur de toutes les nourritures culturelles, dont certaines ne sont pas encore diffusées sur le marché.
Rien de ce qu’il a pu dire ne nous a vraiment surpris : “Nous sommes entrés dans une nouvelle ère”, “l’internet a tout changé”. C’est plutôt la pensée dont il affuble son artisanat (4000 euros par mois quand même) qui, mêlée à sa petite jubilation de mec croyant niquer le système en resquillant le métro, inquiète ici : “La culture pour tous !” Parce qu’évidemment il s’imagine que mettre gratuitement à disposition tous les catalogues de musique et de cinéma est une conquête, une libération.
En ce cas, on le plaint lui et ses adeptes qui pensent que pouvoir jouir de tout et sans frein est l’aboutissement suprême..."
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Emily Jane White - Frozen Heart
Hier soir, j'ai vécu un moment très agréable. Hier soir, j'ai vu Emily Jane White en concert.
Je n'avais, jusqu'à très récemment, jamais entendu parler d'elle. Une écoute en travers de son premier album a achevé de me convaincre. Emily Jane est l'antinomie de la musique qu'elle joue. Souriante, enjouée, charmante, elle participe au plaisir qu'on a d'être là, devant elle. La musique d'Emily Jane White est, elle, sombre, mélancolique, grave ; on parle de dark-folk, c'est ridicule mais pourtant assez juste.
Guitare en bandoulière, cordes et piano qui suivent le tout, la jeune californienne navigue entre folk romantique, dépouillé et obscur - on pense à Chan Marshall - et folk aux relents de blues qui fleure l'americana de Dylan. C'est sur ce dernier cap que Emily Jane perd parfois l'auditeur. Car, là où elle touche, c'est lorsqu'elle s'installe derrière son piano. Fait rare pourtant et, au fur et à mesure du concert, on se prend à guetter chaque mouvement et espérer voir la belle abandonner sa guitare et rejoindre son clavier. Son premier effort offrait de beaux moments intimes avec juste nous, elle et son instrument. Il faisait surtout montre d'une qualité de songwriting prometteuse - avec le bouleversant Wild Tigers i Have Known, qui reste en concert comme en studio un moment véritablement envoûtant - faisant la part belle aux complaintes mélancoliques proches d'une Cat Power. Là où sur son second album, les mélodies deviennent plus difficilement lisibles et la longueur des chansons finissent par engourdir légèrement l'oreille et rendent le tout copieux, voire diffus. Emergent ici et là de très belles chansons telles Stairs, Frozen Heart ou l'entêtant titre éponyme, final du concert Victorian America. Ce second album est, donc, assez décevant, et pour ceux qui ne connaissent pas encore la jeune Emily Jane, je ne saurais trop vous conseiller de vous pencher sur le magnifique Dark Undercoat (à acheter ICI...) sorti en 2008. Malgré tout cela, hier soir, j'ai passé un moment très agréable. Car hier soir, j'ai vu Emily Jane White en concert.
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Two Door Cinema Club - Undercover Martyn (Acoustic version on ITN)
"(TDCC) possède aussi, en Alex Trimble, une voix qui, sans jamais forcer, est intensément expressible..."
She spoke words that would melt in your hands,
She spoke words of wisdom,
To the basment people, to the basement,
Many suprises await you,
You hid there last time your know we’re gonna find you,
Check in the car seat ’cause your not upto going,
Out on the main street completing your missions
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Two Door Cinema Club - Something Good Can Work
Part. 1
La fraicheur, l'énergie, la fougue et la jeunesse, c'est bien joli. Mais ça n'a jamais été marque de qualité. Nombre de nouveaux groupes sont couramment vendus sur ces états de fait. Nombreux sont oubliés à peine la porte du succès franchie. Peut-être oublie-t-on quelque chose d'assez crucial ici... Les Beatles ont, surement plus que n'importe quel groupe au monde, été vendus à leurs débuts par ce genre de qualificatif. N'en restent au final dans les mémoires que des dizaines de mélodies fredonnées par tout un chacun. Des mélodies... On parle de pop. De chansons de 3,5 minutes. Quoi de plus salutaire aujourd'hui? Que ces moments de joie fugaces. Lorsqu'une chanson rentre dans la tête, pour n'en sortir que quelques jours plus tard, poussée vers la sortie par une nouvelle arrivante...
Tout n'est pas parfait chez Two Door Cinema Club. Mais, s'il y a quelque chose que ces trois irlandais savent faire, c'est signer des pop-songs aux effets addictifs immédiats. Bloc Party (première époque) et Death Cab for Cutie sont cités comme leurs influences , on peut aisément y ajouter Foals ou Phoenix comme influences inconscientes... Tombés rapidement dans une case electro-pop dû à l'absence de batteur et l'utilisation de boite à rythmes et de synthé par ci par là, TDCC a pourtant plus d'affinités avec le post-folk d'un Born Ruffians avec qui ils partagent l'efficacité mélodique, l'impétuosité - propre aux trios - et une utilisation savamment dosée de l'electro (-nisme). Ils possèdent aussi, en Alex Trimble, une voix qui, sans jamais forcer, est intensément expressible - la preuve au post suivant...
Qu'ils apportent fraicheur, et fougue... sûrement. D'ici 2,3 jours, quand vous aurez oublié jusqu'au nom du groupe, vous saurez toujours siffler le refrain sous la douche, c'est l'essentiel...
Sinon, l'album s'intitule Tourist History et sort sur Kitsuné le 1er mars. En savoir plus ici.
[MP3] Two Door Cinema Club - Something Good Can Work / via The Audio Muffin
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Electric Wire Hustle - They Don't Want
Electric Wire Hustle. Mara T.K, Taay Ninh, Myele Manzanza. Vocals, Prod, Drums. Psychedelic Neo-Soul. Hip Hop, Soul, Electro-funk. Marvin Gaye, Funkadelic, Charles Mingus. Steve Spacek, The Foreign Exchange, J Dilla.
Venu de Nouvelle Zélande, The Electric Wire Hustle propose un solide album de neo soul. Le trio, dont le nom est inspiré d'un titre de Common, a su façonner un album créatif, qui voit loin, très loin. Inspiré, inspirant, cet album éponyme sort clairement du lot des albums soul indigestes et anecdotiques sortis récemment ; la maitrise et l'originalité vocale de Mara T.K. - réellement blufante - y sont pour beaucoup.
[MP3] Electric Wire Hustle - They Don't Want / supprimé
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Holly Miranda - Ex-Factor (Lauryn Hill Cover)
"Holly Miranda. Wow. We hadn't intended to do a session with Holly - she wasn't on our New York sessions itinerary. But over coffee and papers, we read an article in the New York Times reviewing Miss Miranda playing at Willyburgs excellent venue Zebulon. We knew we just had to find her - and after following various leads, and many phone calls, we tracked her down - and luckily, after all that - she was up for it. And we were literally blown away by this cover of Lauryn Hill's Ex Factor. Blown away. Such a lovely girl to boot - her EP is out and we hear more is coming soon. We literally can't wait. " Black Cab Sessions
"Blown away". Pas mieux. Le meilleur titre de Lauryn Hill. La meilleure voix féminine actuelle. L'interprétation de Holly et son comparse transpirent l'insouciance, la légèreté. Un moment juste vraiment agréable.
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Holly Miranda - Waves
Combien ont pu écouter les versions acoustiques de Waves - filmées par Vincent Moon ou yourstru.ly - avant même la version studio...? Combien avaient deviné le traitement final appliqué à cette triste complainte folk apparente?
C'est pourtant des envolées atmosphériques de My Brightest Diamond aux nappes de clavier de Blonde Redhead qu'on se doit d'affilier Holly ; et si la voix de cette dernière est clairement assimilable à une Cat Power sous prozac, on est plus proche de la dream-pop que du folk indé.
C'est là que Holly Miranda se démarque de l'idée initiale que n'importe quel quidam se ferait suite au visionnage de ces sessions acoustiques (qui subliment souvent l'artiste - l'effet charmeur voix-guitare-Parisianisme des concerts à emporter, soirées de poche, ou autre Vincent Moon-erie* - mais nivellent forcément les styles propres à chacun dans un rendu folk unplugged uniforme...). Là où en acoustique, on pouvait peu discerner la mélodie propre à la chanson, noyée aussi par la beauté de la voix et la qualité du chant, la version studio permet d'appréhender plus facilement le titre ; ceci grâce à une ambiance feutrée instaurée autour de la ligne de chant qui muselle les possibles velléités de déviations mélodiques. En résulte souvent un climat brumeux, cotonneux qui porte ces mélodies à un degré supérieur et infailliblement aérien...
Mademoiselle Miranda décrite ainsi par le NY Times : "...a less fearful Cat Power, a more substantive Feist, a Norah Jones with actual feeling," est, il est vrai, tout cela et un peu plus à la fois. Que vous tombiez en extase devant cette performance - initiée par yourstru.ly - ou qu'elle vous laisse froid et perplexe, osez poser une minuscule oreille sur l'album, il est, en effet, probable que vos avis s'inversent... au final.
[MP3] Holly Miranda - Waves / via Beggars Group
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Radiohead - Reckoner
Parce qu'il faut bien 3 ans pour digérer un album comme In Rainbows. Parce qu'il existe encore peut-être quelqu'un pas loin de vous qui ne connait même pas cette chanson. Parce que l'on peut peut-être ne pas s'arrêter à une première écoute mais l'on ne peut humainement zapper une vidéo aussi magnétique. Parce que quitte à regarder en arrière, autant se faire plaisir. Parce que des gens sur terre actuellement pensent encore que le dernier Radiohead est un raté. Parce que l'agent de police féminin qui, en pleine gare de lyon lors d'un contrôle d'identité anodin, à la vue de Thom Yorke qui ornait la couverture du magazine que je tenais à la main, m'avait lancé "Il est nul le nouveau Radiohead, hein?" n'a peut-être toujours pas changé d'avis.
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Sebastien Tellier - L'Amour et la Violence (Boys Noize Remix)
Boys Noize dont l'electro peut sembler parfois un poil "bourrine...", sait véritablement s'adapter à un matériel différent. My Moon My Man en était un parfait exemple. Le travail autour de L'Amour et la Violence est, lui, un éblouissement. La trame de départ était, bien entendu, grandiose, mais le berlinois a su capturer la pureté du titre de Tellier sans déployer moult effets emphatiques et donne une seconde lecture à cette chanson qui pourrait finalement en être la continuité obscure et, pourquoi pas, se coller à l'original pour parvenir à une pièce de 11 minutes.Des images ont été tournées par Johann Bertelli en plein Shangaï pour un résultat enchanteur. Cependant, l'histoire de cette vidéo m'échappe un peu. Car, au départ proposée à Tellier pour la version originale de L'Amour et la Violence, elle fut refusée par la maison de disques qui n'avait pas prévu de faire du titre un single et donc un clip. Finalement, un clip du dit titre sort qui n'est pas celui de Bertelli et on le retrouve enfin pour le remix par Boys Noize... si quelqu'un connait les tenants et aboutissants du parcours de ces images... En reste une vidéo fascinante qui utilise une version retravaillée de celle de Boys Noize pour, semble-t-il mieux coller aux images...
[MP3] Sebastien Tellier - L'Amour et la Violence (Boys Noize Remix) / supprimé