Combien ont pu écouter les versions acoustiques de Waves - filmées par Vincent Moon ou yourstru.ly - avant même la version studio...? Combien avaient deviné le traitement final appliqué à cette triste complainte folk apparente?
C'est pourtant des envolées atmosphériques de My Brightest Diamond aux nappes de clavier de Blonde Redhead qu'on se doit d'affilier Holly ; et si la voix de cette dernière est clairement assimilable à une Cat Power sous prozac, on est plus proche de la dream-pop que du folk indé.
C'est là que Holly Miranda se démarque de l'idée initiale que n'importe quel quidam se ferait suite au visionnage de ces sessions acoustiques (qui subliment souvent l'artiste - l'effet charmeur voix-guitare-Parisianisme des concerts à emporter, soirées de poche, ou autre Vincent Moon-erie* - mais nivellent forcément les styles propres à chacun dans un rendu folk unplugged uniforme...). Là où en acoustique, on pouvait peu discerner la mélodie propre à la chanson, noyée aussi par la beauté de la voix et la qualité du chant, la version studio permet d'appréhender plus facilement le titre ; ceci grâce à une ambiance feutrée instaurée autour de la ligne de chant qui muselle les possibles velléités de déviations mélodiques. En résulte souvent un climat brumeux, cotonneux qui porte ces mélodies à un degré supérieur et infailliblement aérien...
Mademoiselle Miranda décrite ainsi par le NY Times : "...a less fearful Cat Power, a more substantive Feist, a Norah Jones with actual feeling," est, il est vrai, tout cela et un peu plus à la fois. Que vous tombiez en extase devant cette performance - initiée par yourstru.ly - ou qu'elle vous laisse froid et perplexe, osez poser une minuscule oreille sur l'album, il est, en effet, probable que vos avis s'inversent... au final.
[MP3] Holly Miranda - Waves / via Beggars Group